dictée

enseignant_adosVous êtes découragés par la compétence orthographique ou grammaticale de vos élèves? Vos apprenants persistent à commettre des fautes sur des notions qui auraient dû être maîtrisées plusieurs années avant d’atterrir dans votre cours? Vous ne savez pas comment favoriser l’intégration de notions de grammaire dans votre cours déjà si chargé?

 

Les possibilités sont nombreuses. Les suggestions du milieu éducatif le sont aussi. Pour ma part, j’ai entendu parler de la dictée 0 faute dans un cours sur la didactique de l’écriture. Sans le savoir, mon propre professeur de français de 3e secondaire nous donnait ce type de dictée quotidiennement. Encore aujourd’hui, évoquer le nom de cet enseignant avec mes anciens collègues de classe équivaut à parler de celui qui nous a tous appris comment bien écrire en français. J’ai donc essayé d’implanter moi-même cette pratique en stage dans des classes de 3e et 5e secondaire en immersion française pour voir si des retombées intéressantes pouvaient être constatées de cette pratique avec des apprenants du français langue seconde.

 

La dictée 0 faute : qu’est-ce que c’est?

 

De manière concise, la dictée 0 faute consiste à dicter un texte et, plutôt que de laisser les élèves un temps pour effectuer les corrections individuellement, suit ensuite une période où les élèves peuvent demander en grand groupe toutes les questions qu’ils veulent sur des notions grammaticales et sur l’orthographe de manière à ce que, collectivement, tout le monde soit en mesure de développer le doute grammatical.

 

Nadeau et Fisher (2006), cités par Wilkinson (2009), décrivent la dictée 0 faute ainsi :

«Un court texte est dicté aux élèves. Selon la présentation qu’en fait Cogis (2005), les élèves écrivent d’abord individuellement et sont invités à souligner ce dont ils ne sont pas certains. Ils ont la possibilité de poser toutes les questions qu’ils désirent pendant la dictée même, ce qui les amène à exprimer le moindre doute le plus clairement possible. Il s’agit d’une occasion pour montrer aux apprenants à articuler toutes les connaissances nécessaires à la résolution d’un problème en leur donnant droit à l’erreur.»

 

Voici la variante que j’ai installée dans mes groupes en immersion française, elle-même inspirée d’une méthode utilisée par un de mes enseignants au secondaire:

  1. Au début de chaque cour, je redistribue les feuilles mobiles sur lesquelles se trouvent les dictées corrigées du cour précédent.
  2. Je demande ensuite aux élèves d’écrire la date d’aujourd’hui.
  3. Puis, je dicte 2 phrases (parfois qu’une seule lorsque nous sommes serrés dans le temps) qui contiennent des notions avec lesquelles les élèves ont de la difficulté et qui sont basées sur un thème en particulier (l’actualité internationale, dans mon cas ou des nouvelles insolites).
  4. Après les quelques minutes passées à dicter les phrases vient ensuite une période d’interaction entre le groupe et l’enseignant pendant laquelle les élèves peuvent poser toutes les questions qu’ils veulent (sans que je ne leur donne nécessairement la réponse toute crue dans le bec).

 

Les élèves pouvaient me demander, par exemple : 

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