Le mandarin, 国语 (prononcé guó yǔ ou littéralement langue du pays) ou 汉语 (prononcé hàn yǔ ou langue des Hans) en caractères chinois, est parlé par 1 310 000 000 locuteurs à travers le monde (majoritairement en Chine, bien sûr). Ceci en fait la langue la plus parlée au monde. En effet, plus d’un être humain sur six est sinophone. Cette langue jouit d’un statut officiel dans plus de trois pays :

République populaire de Chine
République de Chine (plus connue sous le nom de Taïwan)
République de Singapour

Elle est aussi l’une des 6 langues officielles à l’Organisation des Nations-Unies.

Dans un contexte de mondialisation dans lequel la Chine cherche à s’affirmer sur la scène internationale, il n’est pas étonnant que le mandarin commence à être enseigné dans des collèges et des universités partout à travers le monde. D’ailleurs, au Québec, l’Université de Montréal offre une majeure et une mineure en mandarin et le Cégep de Saint-Jérôme offre 4 sessions (2 ans) d’apprentissage du mandarin à l’intérieur du DEC en Arts et lettres, profil langues. L’Université d’Ottawa (celle-ci en Ontario) offre aussi des formations similaires.

Particularités

 

Les tons

Le mandarin, au même titre que plusieurs autres langues asiatiques, est une langue monosyllabique (chaque mot n’est constitué que d’une seule syllabe) dans laquelle les mots possèdent une flexion vocalique appelée tons. Il y a 4 tons en mandarin (si on exclut le ton neutre). Malgré que des mots puissent se ressembler fortement, la simple variation de ton peut en changer radicalement les significations.

Pour illustrer plus concrètement se principe, je me suis mis à chercher sur Youtube, et j’y ai trouvé une vidéo explicative des 4 tons de la langue chinoise qui a été conçu par une sinophone de France (je crois qu’elle est de Paris) qui opère un blogue sur l’apprentissage du mandarin.

Vous avez donc vu dans ce vidéo quatre variations du mot ma : mā (maman), má (chanvre), mǎ (cheval) et mà (injurier). Pour un occidental, la maîtrise complète des tons en mandarin peut s’avérer extrêmement difficile (croyez-en mon expérience au Cégep de Saint-Jérôme). Par exemple, imaginez que vous souhaitiez dire à quelqu’un en Chine que vous souhaitez appeler votre mère (mā) mais que vous ne le prononciez pas adéquatement… laissant croire que vous souhaitez appeler votre cheval (mǎ)! Imaginez à l’inverse à quel point il peut être difficile pour un sinophone d’apprendre le français!

En français, la tonalité que nous donnons aux mots, aux expressions et aux phrases varient beaucoup selon notre intention de communication et nos émotions. Par exemple, imaginez les tonalités que nous donnons au mot «classe» dans les phrases suivantes :

  1. Je vais dans la classe. (phrase affirmative)
  2. Vas-tu dans la classe? (phrase interrogative)
  3. Je suis dans la classe! (phrase exclamative avec insistance sur le mot «classe»)
  4. Je suis dans la classe! (phrase exclamative où l’insistance est ailleurs que sur «classe»)
  5. Il y a 20 classes et 5 locaux à bureau (dénombrement avec insistance sur «classes» et «locaux»)
  6. Tu es dans la classe… (en demandant pourquoi tu es dans la classe)

Il va sans dire que le mot «classe» est prononcé différemment dans chacun des exemples ci-hauts, mais qu’à l’instar du mandarin, «l’intonation» ne change pas la signification du terme. Ceci peut donc miner la compréhension orale au départ et il est important d’utiliser les mots dans plusieurs sortes de situations et que l’enseignant varie ses intonations de manière à ce que les élèves comprennent que le français permet la variation tonale. Cependant, il ne faut pas confondre variation tonale à l’accent tonique (partie du mot ou de la phrase sur lequel une insistance vocalique est mise). Par exemple, on prononce «hippopotame»,  et non «hippopotame». Ainsi, si des apprenants sont à même d’intégrer les variations toniques du français, leur production sera sans doute moins rigide.

Structure de la phrase

 

La majorité des phrases en mandarin sont de types SVO (sujet + verbe + objet) tout comme en français. La structure SOV est aussi présente.

ex : Je préfère les pandas = Wǒ xǐhuan xióng māo (我 喜欢 熊猫)

Cependant, la place des compléments est très peu rigide dans le sens où il se retrouve en début de phrase, entre le sujet et le verbe, devant le sujet.

ex : «Je vais magasiner avec mon ami» deviendrait «Je avec mon ami magasiner» : Wǒ gēn wǒ péng yǒu mǎi dōng xi  (我跟我朋友买东西)

Le français ne permet pas ce genre de structure.

Féminin et masculin

Les variations de féminin et de masculin n’existent pas en mandarin alors qu’elles sont omniprésentes dans la langue française. Il s’agit d’un concept assez facile à expliquer lorsqu’on traite d’êtres vivants… Mais qu’en est-il des objets inanimés tels qu’un livre et une table… Qu’est-ce qui fait en sorte qu’un livre est masculin mais qu’une table est féminin? La langue française est une langue parfois très arbitraire (sûrement ce qui fait sa beauté en quelque sorte). Il n’y a donc pas de secret pour le masculin et le féminin : avec le temps, un apprenant parvient souvent à les distinguer à l’oreille à force de les entendre constamment.

Pluriel

 

Les variations nominales concernant le pluriel n’existent pas en mandarin. C’est par des marqueurs numéraux ou des mots de quantité (plusieurs, beaucoup, un groupe de, etc.) que le pluriel est exprimé.

La conjugaison

 

La conjugaison telle qu’elle est connue en français est un concept presque complètement absent du mandarin et ce, au niveau flexionnel et au niveau temporel.

En français, le verbe conjugué varie selon le sujet :

ex : Aimer = J’aime, tu aimes, il aime, nous aimons, vous aimez, ils aiment

En mandarin, le verbe demeure en tout temps invariable et ne varie pas selon le sujet. Imaginez donc le cauchemar d’un sinophone qui commence à apprendre le français!

ex : ài (爱 ou «aimer»). Le verbe reste invariable en son entier et ce, peu importe la personne.

  • J’aime… = wǒ ài… (我爱…)
  • Tu aimes… = nǐ ài (你爱…)
  • Il aime… =  tā ài (祂爱…)
  • Nous aimons… =  wǒmen ài (我们爱…)
  • Vous aimez… = nǐmen ài (你们爱…)
  • Ils aiment… = tāmen ài (祂们爱…)

Un autre concept de la conjugaison française qui peut poser problème est la variation du verbe non seulement selon le sujet mais aussi selon le temps. Par exemple, «Je mange», «Je mangerai» et «J’ai mangé» ne signifient pas du tout la même chose, et en français, il est possible d’employer ces verbes sans nécessairement être obligé d’utiliser constamment un marqueur de temps (quoiqu’il est recommandé de le faire).

En mandarin, le verbe reste invariable et ce, peu importe le temps. C’est grâce à une particule qu’on ajoute dans la phrase (quelques fois un auxiliaire) qu’on parvient à faire varier le temps du verbe.

ex : Pour dire que nous allons manger, il faut ajouter la particule 要 (yào) devant le verbe (comme un auxiliaire) : wǒ yào chī  fàn  (我要吃饭 ou Je+particule du futur+manger+nourriture). La notion-même du temps de verbe est différente de celle en français puisque nous avons beaucoup de temps et de modes de conjugaison différents (imparfait, passé composé, plus-que-parfait, etc.). On peut ainsi dire que le concept est «simplifié» en mandarin. La conjugaison est donc quelque chose de difficile à concevoir au départ pour les apprenants sinophones. Il est intéressant de noter par contre que selon les enseignants de français langue seconde qui ont eu plusieurs étudiants asiatiques, ces derniers tendent à devenir rapidement très doués en grammaire écrite mais qu’ils ont besoin d’un peu plus de temps pour produire à l’oral.

 

Sources :

Beaucoup de ces informations proviennent de ma formation en mandarin reçue lors de mes études collégiales en langues au Cégep de Saint-Jérôme.

Voici un bon dictionnaire français-mandarin en ligne : http://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html

Wikipédia: Grammaire du mandarin

Si l’apprentissage du mandarin vous intéresse, je vous recommande le blogue suivant : http://blog.chinoisfacile.fr/

 

 

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